Il y a tout juste deux mois, le jeune Elias a été assassiné dans mon arrondissement à Paris par des mineurs multirécidivistes qui n’auraient jamais dû être dans la rue, mais en centre éducatif fermé ou en prison.
Nous sommes collectivement responsables de ce sauvage assassinat, qui aurait dû être évité.
Faute de moyens mais aussi parce que nous ne nous sommes pas fixés les bonnes règles, nous assistons, presqu’impuissants, aux ravages de l’hyperviolence juvénile.
Il faut, vraiment, en finir avec cette culture de l’excuse. De l’impunité. Du renoncement.
Je salue l’initiative de Gabriel Attal dont la proposition de loi comportait, en germe, des avancées significatives, sur des thèmes que nous, dans la majorité sénatoriale, avons toujours soutenus.
C’est parce que nous avons, aujourd’hui, l’occasion d’inscrire ces convictions dans la loi, que j’ai souhaité proposer la réécriture de certains articles supprimés, et compléter cette proposition de loi, en instaurant la possibilité d’ultra courtes peines de prison.
Il faut réévaluer en urgence la réforme qui a conduit à la césure du procès pénal des mineurs, et en tirer les conséquences. La punition n’est pas l’antithèse de l’éducation, elle en est le corollaire. Je salue l’amendement de Lauriane Josende qui va dans ce sens.
Attendre que le mineur s’enfonce dans la délinquance pour agir, c’est consacrer l’idée pernicieuse selon laquelle la justice, et donc la société, reculent face aux premières transgressions, les tolèrent, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. La première infraction doit être immédiatement sanctionnée, sans quoi nous organisons notre propre impuissance.
Il est donc impératif de réintroduire la possibilité pour les juges de prononcer de très courtes peines d’emprisonnement. De telles peines sont une composante à part entière de l’éducation. Elles sont indispensables pour rappeler l’autorité de la loi et éviter la spirale de la récidive.
Nous devons cesser d’invoquer la minorité comme un prétexte à l’inaction. Peut-on sérieusement soutenir que des jeunes capables d’une violence extrême, d’une brutalité inouïe, doivent être jugés avec une indulgence quasi systématique, au seul prétexte de leur âge ? Non.
Lorsque la gravité des faits l’exige, il est également décisif d’instituer la possibilité d’une comparution immédiate de mineurs déjà bien connus de la justice.
Et, pas de « justice pénale à la carte » ! : si le mineur ou ses parents refusent la comparution immédiate, le mineur doit pouvoir être placé en détention provisoire. Et être jugé dans les délais les plus brefs.
Il nous appartient de rétablir l’autorité de la justice. Une justice beaucoup plus ferme et plus efficace – une justice qui protège.
Il en va de l’avenir même de notre jeunesse.
Car, ne l’oublions jamais : les premières victimes de cette hyperviolence juvénile, ce sont, aussi et surtout, des jeunes.