Paris : rétablir une exigence de gestion face à une dérive budgétaire préoccupante

J’ai publié une tribune dans Le Journal du Dimanche consacrée à la gestion de la Ville de Paris et à sa trajectoire financière.

Paris connaît une dégradation continue de ses équilibres budgétaires. L’endettement par habitant a été multiplié par plus de trois et demi. Une part importante du recours à l’emprunt ne finance plus seulement l’investissement, mais contribue à couvrir des dépenses courantes et à refinancer la dette existante.

À cela s’ajoutent des pratiques de gestion qui fragilisent encore davantage la lisibilité financière de la collectivité : recours accru à des mécanismes de trésorerie de court terme pour faire face aux fins de mois, et accumulation d’engagements indirects qui ne sont pas toujours pleinement intégrés dans la lecture immédiate de la dette.

Dans le même temps, la pression fiscale locale s’est fortement accrue, avec une hausse massive de la taxe foncière. Or, fragiliser ainsi la base fiscale revient, à terme, à compromettre la capacité même de la Ville à investir et à assurer durablement ses missions essentielles.

Au-delà des chiffres, je conteste un modèle de gestion. Trop souvent, les choix budgétaires ont privilégié l’affichage et la communication au détriment de l’évaluation, de l’efficacité et de la soutenabilité. Les conséquences sont concrètes pour les Parisiens : un service public désorganisé, des procédures administratives complexes et une qualité de gestion qui ne répond plus aux attentes légitimes des Parisiens.

Paris n’a pas besoin d’une fuite en avant budgétaire. Elle a besoin d’un retour à la rigueur, à la transparence et à la hiérarchisation claire des priorités publiques. Une capitale mondiale doit pouvoir conjuguer ambition et responsabilité. C’est à cette condition seulement que la confiance des Parisiens pourra être restaurée.

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