À l’occasion de la rentrée sociale de la Mutualité, je suis intervenue sur l’avenir de notre système de santé et sur les transformations profondes qu’il connaît aujourd’hui. Notre modèle social n’est pas mort. Il reste indispensable à la cohésion de notre pays. Mais, confronté à des défis nombreux – une croissance atone, un bouleversement des techniques diagnostiques et thérapeutiques, de profondes évolutions démographiques-, il se transforme, souvent par petites touches et au gré de « mesures » adoptées annuellement dans les lois de financement de la sécurité sociale, sans que nous prenions suffisamment le temps d’en débattre collectivement. La santé ne peut pourtant pas être réduite à la seule question de l’équilibre des comptes : nous devons pouvoir débattre de ce que nous voulons continuer à prendre en charge collectivement, de la place respective de l’Assurance maladie et des complémentaires santé, et de la solidarité que nous voulons préserver.
J’ai également défendu une approche plus partenariale de la gouvernance de notre système de santé, dans le prolongement des travaux que j’ai conduit en présidant la mission d’information sénatoriales sur les complémentaires santé. Elles jouent un rôle essentiel dans notre modèle et doivent être davantage associées aux décisions qui modifient leurs responsabilités et leurs équilibres. Les évolutions de notre système de santé ne peuvent être décidées uniquement sous l’effet des contraintes financières : elles doivent procéder d’un débat démocratique sur le modèle de protection sociale que nous voulons pour les prochaines années. Un modèle compatible avec notre niveau de croissance, notre démographie et une haute exigence de solidarité.