« La France ment aux Français, ou du moins se ment à elle-même. » Des masques jetés avant une pandémie, des Canadair à bout de souffle quand nos forêts brûlent, des prénoms de victimes, Philippine, Elias, Lyhanna, que l’on n’aurait jamais dû avoir à citer, un PIB par habitant tombé sous la moyenne européenne, des taux d’emprunt à 10 ans qui flambent à près de 5 %, une immigration incontrôlée et des reconduites au compte-gouttes… Dans le grand numéro d’automne de la Revue Commentaire consacré à 2027 (« Mai 2027 : que faire ? que ne pas faire ? »), ainsi que dans mon entretien au Figaro, je combats l’erreur de diagnostic qui nous coûte chaque année un peu plus de notre avenir : analyser nos crises séparément.
La France ne vit pas des crises indépendantes, mais trois effondrements simultanés qui se nourrissent mutuellement et forment un engrenage :
- L’effondrement de l’État : omniprésent, dépensier et normatif, mais devenu impuissant sur le régalien. Concurrencé par le haut (Bruxelles) et par le bas (collectivités), il s’est lui-même démembré de l’intérieur en multipliant agences et autorités indépendantes qui diluent la responsabilité politique, tout en laissant se creuser d’insupportables inégalités territoriales d’accès aux services publics ;
- L’effondrement économique : ce n’est pas notre modèle social qui est insoutenable, c’est une économie durablement sans croissance ! Avec 70 milliards d’euros de déficit extérieur, notre recul industriel et agricole expose la Nation et laisse des millions de Français face à la cruelle réalité que le travail « ne paie plus » assez pour vivre dignement ;
- L’effondrement de la cohésion sociale et nationale : quand l’ascenseur social tombe en panne et que le pacte entre générations se fissure, la solidarité devient source de suspicion. Et lorsque la « langue civique » commune s’efface devant un communautarisme insupportable et des identités hostiles, c’est la République qui vacille.
Face à ce triple écroulement, les forces de la droite et du centre ne l’emportereront pas en 2027 en promettant une simple gestion comptable ou en s’alignant sur dérive actuelle consistant à désigner des boucs émissaires ! Il ne faudra pas plus se contenter de traiter l’un, voire deux de ces trois effondrements : ces derniers s’auto-entretiennent et s’alimentent l’un l’autre. Comme je le porte avec le Collectif Sursaut, nous devons sortir des politiques en silos et mener une stratégie d’ensemble inspirée de notre ADN, le gaullisme social, autour de trois priorités indissociables et avec des actions simultanées pour :
- Rétablir l’ordre et un État qui décide et protège : supprimer les agences qui dispersent la décision, réarmer les préfectures, assumer le bras de fer avec Bruxelles quand il le faut, appliquer enfin les peines et renvoyer sans délai ceux qui n’ont rien à faire en France car l’autorité est la condition même de la crédibilité de l’État de droit ;
- Retrouver la promesse d’une prospérité populaire par la production et le travail : assumer sans complexe une politique de croissance pour l’industrie et l’agriculture, baisser les impôts de production et libérer vraiment le travail au lieu de contourner les 35 heures par des mesurettes ;
- Renouer avec la fraternité : bâtir une protection sociale lisible où chacun connaît ses droits et ses devoirs, restaurer une école exigeante qui transmet à nouveau les savoirs fondamentaux, et imposer une citoyenneté sans concession contre les séparatismes.
Dans un pays « drogué » à l’argent public, le redressement national a besoin de moins de slogans et de beaucoup plus d’audace, de vérité, de planification et de continuité. Trois effondrements nous menacent ; une seule voie permet de les surmonter : le sursaut !