Monsieur le Président, monsieur le ministre, mes chers collègues,
Si Elias est mort, c’est notre faute à tous.
Je suis la mère de deux enfants. Chacun à leur tour rackettés, violemment, dans le 14e.
J’ai essayé de leur dire de ne jamais jouer les héros face à des racketteurs.
Je n’avais pas honte, je voulais juste être sûre qu’ils rentrent à la maison. Mais je veux me battre, parce que ce n’est pas du tout la société dans laquelle j’ai envie de vivre.
Comment s’étonner de l’hyperviolence de mineurs, si nous ne fixons pas les bonnes règles.
Pouvez-vous monsieur le ministre, me dire si vous êtes d’accord avez les points suivants :
- les parents doivent être responsabilisés. Le droit à occuper un logement social en agressant les gens en bas de chez soi, cela ne devrait pas exister. Pas besoin d’allocations familiales lorsqu’on gagne de l’argent en trafiquant ou en faisant du racket ;
- la punition va de pair avec l’éducation. Actuellement, on ne marche que sur une jambe. La loi interdit de fait les courtes peines de prison. Seulement 6 centres pénitentiaires pour mineurs, seulement 54 centres d’éducation fermés, qui ne sont pas même fermés ;
- on doit être puni dès le premier délit et puni pour ce qu’on a fait, pas pour la façon dont on se comporte par la suite avec un éducateur. Avec le principe de la césure, les deux meurtriers d’Elias, multirécidivistes, avaient certes vu un juge dès le mois d’octobre. La belle affaire ! : la perspective d’une sanction, c’était 9 mois après, l’équivalent d’une année scolaire. La sanction est hypothétique et lointaine, entre avertissements et mesures éducatives plus ou moins respectées. La victime, on n’y pense même plus.
- L’excuse de minorité devrait être motivée par le juge, pour chaque affaire. Bien sûr, les mineurs ne sauraient, par principe, être jugés comme des adultes. Mais ils ne sauraient non plus, par principe, être jugés, deux fois moins sévèrement.