La santé mentale des jeunes est préoccupante. Et tout aussi préoccupant est le silence qui règne, dans le débat public comme dans les politiques de santé publique, sur l’un des leviers les plus insidieux de cette dégradation: la consommation de cannabis.
Les autorités sanitaires doivent briser le tabou et montrer que le cannabis altère profondément les fonctions cérébrales en formation. Il ralentit la maturation du cerveau, dégrade la mémoire de travail, entrave les capacités d’apprentissage.
Chaque jeune qui aspire, et c’est heureux, à être libre devrait aussi le savoir : le cannabis affecte la manière même dont l’information est traitée : le cerveau devient moins apte à trier, à hiérarchiser, à prendre du recul.
Dans un monde saturé de contenus numériques, avec son lot de fake news et manipulations pour propager des thèses très dangereuses, cette fragilité cognitive rend tout jeune cerveau plus vulnérable aux influences les plus nocives.
Le cannabis que l’on consomme pour être moins stressé empêche de gérer le stress, affaiblit la résilience face à l’effort, provoque une anxiété diffuse, mine la motivation. Avec à la clé repli sur soi, perte de confiance, incapacité à faire face aux exigences scolaires ou universitaires. Ce sont des années cruciales qui se trouvent compromises, dans l’indifférence.
Enfin, le cannabis est l’un des principaux risques environnementaux de déclenchement de la schizophrénie. Cette maladie, lourde et invalidante, bouleverse à jamais la trajectoire d’un jeune adulte : désinsertion sociale, troubles cognitifs durables, rupture des liens familiaux, marginalisation. Derrière chaque statistique, il y a une vie brisée par une substance que certains continuent de présenter comme inoffensive.