Budget 2027 : l’État s’exonère des efforts qu’il exige des autres

Lors de l’audition des ministres Roland Lescure et David Amiel, le 7 octobre en commission des finances, j’ai interrogé le Gouvernement sur ce que j’estime constituer des incohérences dans le projet de budget pour 2027. Alors que le Haut Conseil des finances publiques juge les hypothèses de croissance trop optimistes, deux choix me paraissent particulièrement contestables : le refus de diminuer le nombre de recrutements de fonctionnaires (ils vont, encore, augmenter l’an prochain !) et le refus de remettre en vigueur la réforme des retraites de 2023. 

L’État doit commencer par montrer l’exemple. Avant d’envisager de nouvelles hausses d’impôts, le Gouvernement devrait réduire les dépenses qu’il maîtrise directement. La baisse des recrutements dans la fonction publique d’État, hors défense, sécurité et justice, serait un premier signal nécessaire, notamment à l’égard des collectivités territoriales auxquelles des efforts sont demandés. Mais aussi des marchés… Or, le solde des créations de postes reste positif. Comment exiger des efforts de tous sans commencer par se les appliquer à soi-même ? 

Le Gouvernement maintient la suspension de la réforme des retraites tout en prévoyant plusieurs mesures qui pèseront sur les retraités : désindexation des pensions, réduction de l’abattement fiscal de 10 % et remise en cause de certains avantages familiaux. À cela s’ajoute l’inévitable hausse du coût des complémentaires santé. Cette accumulation fait peser sur eux une charge disproportionnée, alors même que le redressement des finances publiques exige des choix plus cohérents et un effort équitablement réparti. 

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