Madame la Maire, mes chers collègues,
Il y a les calendriers lunaires, il y a ceux qui tiennent compte du soleil.
Il y a le calendrier égyptien, qui se base sur les changements de niveau du Nil.
Il y a le calendrier julien et le calendrier grégorien.
Et puis il y a le calendrier budgétaire d’Anne Hidalgo.
C’est un calendrier très particulier, très respectueux de la période des festivités de fin d’année, où votre majorité n’entend pas se voir confrontée aux mauvaises nouvelles.
En décembre, on dissimule, on enjolive. On fait de traditionnels cadeaux de fin d’année à chacun des groupes de la majorité municipale, en subventionnant telle ou telle association amie, tel ou tel projet de recrutements supplémentaires.
Et puis en juillet, juste avant les départs en vacances, espérant que les journalistes ont le dos tourné, on se résout à dire un peu plus de la vérité des chiffres.
On révise les dépenses à la hausse.
On révise les recettes à la baisse.
Et on augmente, encore, la dette.
Tel est le résumé de ce budget supplémentaire, qui accroit de 200 millions de plus l’écart – négatif – entre dépenses et recettes, et qui augmente une nouvelle fois l’autorisation d’emprunt, avec un endettement supplémentaire qui avoisinera cette année encore le milliard d’euros.
- Ce budget supplémentaire témoigne en effet une nouvelle fois de l’insincérité des prévisions du budget 2024, voté il y a seulement six mois.
Ainsi :
- les dépenses de fonctionnement sont en hausse de 86 millions d’euros, sans que le moindre événement depuis janvier puisse le justifier
- les recettes de fonctionnement baissent encore plus, de près de 100 millions d’euros. Là aussi, c’était tout à fait prévisible. Vous aviez ainsi inscrit, dans le budget 2024, 1,5 milliard de recettes de droits de mutation, contre une exécution de moins de 1,4 milliard en 2023 !!! En décembre, vous disposiez de ce mauvais chiffre pour 2023. Vous avez donc sciemment menti en anticipant, contre toute logique, une reprise à la hausse du marché immobilier pour 2024.
Depuis novembre dernier, je vous ai maintes fois demandé ces chiffres de l’exécution 2023. Vous vous êtes toujours refusée à les donner. Il aura fallu attendre la toute fin juin, au moment de l’examen du compte administratif, pour en disposer.
- Ce budget de juillet, en quelque sorte, est dans un état encore plus piteux que celui qui nous fut présenté de manière mensongère en décembre 2023.
Avec un écart supplémentaire de près de 200 millions d’euros entre dépenses et recettes que ce qui a été voté en décembre, nous avons donc, une forte chute de l’épargne brute, de 182 millions d’euros. C’est-à-dire, en quelque sorte, ce que la Ville peut mobiliser par elle-même pour investir.
L’épargne brute permet aussi de calculer la durée théorique de désendettement. En décembre dernier, , vous aviez fait l’aveu d’une durée théorique de désendettement de 15,4 ans fin 2024. Cette durée était déjà largement au-delà du seuil d’alerte de 12 ans.
Mais, en intégrant ces modifications, la durée de désendettement passe à environ 23 ans, soit près du double du seuil d’alerte.
- Non contente de diminuer l’épargne brute, vous prévoyez une nouvelle augmentation de l’endettement, avec une autorisation d’emprunt augmentée de 19 millions d’euros.
Je rappelle que l’an dernier, la Ville s’est déjà endettée de 645 millions d’euros supplémentaires, alors même que l’explosion de la taxe foncière avait ramené 820 millions d’euros de plus dans les caisses de la Ville.
Pour 2024, l’autorisation d’emprunt était déjà de 961,7 millions dans le budget primitif. Il faut ajouter 20 millions de plus. Au total, on tengeante le milliard.
- Permettez-moi, en conclusion et en cette année olympique, de souligner que vous venez de battre DEUX NOUVEAUX RECORDS DE PIRE GESTION BUDGETAIRE que vous venez de battre :
-les dépenses de fonctionnement de la Ville de Paris vont pour la première fois, dépasser 10 milliards d’euros
-le montant annuel de remboursement de la dette (intérêts et capital) dépasse, pour la première fois, 500 millions d’euros.
A quel niveau comptez-vous vous arrêter, Madame la Maire ?