Lors de mon intervention en opposition à ces amendements, j’ai défendu le Crédit impôt recherche en m’appuyant notamment sur les travaux du Conseil d’analyse économique. J’ai mis en avant :
1. Le rôle stratégique des grands groupes industriels
Si le CIR bénéficie en grande partie à une trentaine de grands acteurs, c’est parce qu’ils concentrent l’essentiel des dépenses de R&D. Sans ce soutien, ils poursuivraient sans doute leurs investissements, mais rien ne garantit qu’ils le feraient en France. Des entreprises comme Schneider Electric réalisent 50 % de leur recherche dans notre pays, alors que 80 % de leur chiffre d’affaires est réalisé à l’étranger : un ancrage précieux pour nos capacités productives.
2. L’impact potentiellement massif de la suppression de la tranche à 5 %
Au-delà de 100 millions d’euros de dépenses, cette tranche représente jusqu’à la moitié du CIR pour certains groupes. Sa suppression brutale pourrait fragiliser leurs investissements.
3. Un contexte sectoriel délicat
Des secteurs stratégiques – automobile, défense, aéronautique – comptent parmi les principaux bénéficiaires du CIR. Des entreprises comme Thales ou Safran en dépendent fortement pour soutenir leur innovation.
Dans cette période, la prudence s’impose : toucher au CIR sans mesurer les effets sur ces acteurs clés risquerait de pénaliser notre compétitivité et notre souveraineté industrielle.